samedi 1 avril 2017

Faux-nez: Reporters sans frontières et la valse à deux temps !



Une première lettre ouverte, adressée au Premier ministre, M. Youssef Chahed, l’organisation internationale Reporters Sans Frontières (R.SF), a attiré l’attention sur la prolifération de certaines pratiques dangereuses visant la dégradation de la liberté de la presse dans le pays, notamment celles qui se sont déchainées afin de mettre derrière les verrous, le journaliste d’investigation, le directeur du journal Athawra News.


En effet, suite aux procédures engagées par le procureur auprès du tribunal militaire, Mohamed Naem Haj Mansour, en particulier, a été condamné par le tribunal militaire permanent de première instance de Tunis, le 15 décembre 2016, à purger une peine de 9 mois de prison ferme, réduite à 5 mois d’emprisonnement ferme par La cour d’Appel Militaire le 15 février 2017, bafouant par là même le décret-loi 115- 2011 relatif à la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition. R.S.F, en ce sens, il faut l’avouer, a fait montre d’une volonté sincère, celle de soutenir M. Haj Mansour, en exhortant le chef du gouvernement en place à: “Transférer dans les plus brefs délais Mohamed Naem Hadj Mansour devant une juridiction civile”, n’étant pas au courant de la libération de celui- ci, qui a eu lieu le 2 mars 2017 et non le 3 mars, comme l’a signalé R.S.F dans une deuxième lettre, une sorte de rectification, une mise à jour de la première, mais aux relents équivoques, à l’adresse du même destinataire. Tout porte à croire que le motif avoué de la seconde lettre, du moins à première vue, a été dicté par l’impératif de rectifier certaines informations erronées parues dans la première, relatives aux péripéties sombres et révoltantes qui ont entouré l’affaire Haj Mansour. Cependant, en lisant le deuxième message, on est frappé par un changement de cap si évident qu’il est légitime de se demander pourquoi a-t-on changé le fusil d’épaule.


«*Mohamed Hadj Mansour a été libéré le 3 mars 2017.»: Post-scriptum ou une facétie du Parthe? Telle est la question qui s’impose à l’esprit quand on lit la deuxième lettre ouverte de R.S.F dont le message rappelle la méthode monoprix. De fait, on est frappé par l’étonnant revirement que révèle cette deuxième lettre par rapport à la précédente. Étrangement, Mohamed Naem Hadj Mansour bascule du statut de la victime vers celui qui vient d’être libéré, comme si de rien n’était, comme si les 5 mois d’incarcération dans des conditions dégradantes dans l’étouffoir de la Mornaguia tenaient du mirage. D’ailleurs, comme par enchantement, l’exhortation, qui a figuré dans la première lettre, celle de «Transférer dans les plus brefs délais Mohamed Hadj Mansour devant une juridiction civile» s’est volatilisée. Du coup, à une volonté sincère de défendre d’une manière impartiale la liberté d’expression et celle de Mohamed Naem Hadj Mansour, a succédé, contre toute attente, une velléité flagrante en ce qui concerne particulièrement le soutien claudiquant de R.S.F pour la cause de M. Haj Mansour. Car comment perdre de vue que le procès du journaliste en question, même s’il est libéré, est loin d’être terminé ? En effet, Haj Mansour a fait recours à la cassation, procédure qui peut durer des mois, voire même des années, et par conséquent, celui-ci est officiellement encore sous l’égide de la justice militaire. Loin de chercher à briguer le statut de la victime, on est juste étonné par le strabisme d’une telle organisation de renommée mondiale, dotée de surcroît d’un statut consultatif auprès de l’Organisation des Nations unies, de l’Unesco, du Conseil de l’Europe et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui a perdu de vue une pareille évidence qui crève les yeux.


Le faux nez ou le «2 en1»raté, relatif à la mise à jour de la première lettre, relève d’une requalification, vraisemblablement, trop maladroite du statut de Mohamed Naem Hadj Mansour pour qu’elle passe inaperçue. Et, le prétendu post-scriptum (P.-S.), en ce sens, ou si vous voulez, le mini stratagème rhétorique, a beau figuré après la fin du message, il n’a pas réussi à cacher le faux nez ni encore moins étouffer la fausse note du deuxième temps de la valse, dans la mesure où elle insuffle sur un ton mou la fin de l’histoire de M. Haj Mansour, enfin libéré !  Par ailleurs, le responsable de R.S.F, à Tunis, Mme Yasmine Kacha, et malgré les tentatives sincères de la joindre afin de mieux expliquer les zones d’ombres et les stratagèmes manigancés dans l’unique but de nuire à la liberté de presse et au journaliste, M. Haj Mansour, celle-ci a décliné un rendez- vous, fixé le 27 mars, à 16 heures. Avant une heure de l’entrevue présumée, l’assistante de Mme Yasmine Kacha a pris la peine, quand même, d’informer son confrère que l’entretien a été annulé. Voilà donc, un autre grupetto ou plutôt un autre post- scriptum, signé par Mme kacha, sauf que, celui- ci n’est pas situé après la fin d’un message: Il est le message !  
* Post- scriptum: Grupetto: Un ornement de quelques notes brèves juste avant ou après une autre note.

HMID



lettre du 17 Mars 2017 avant modification du 21 Mars 2017 suite pressions politiques







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