samedi 21 novembre 2015

Daech ou la culture de la mort


Vendredi 13 novembre 2015, ou, vendredi noir, l’obscurantisme a frappé de plein fouet la ville des lumières. Paris est ensanglanté par des attaques terroristes dans différents endroits de la capitale, et aux abords du stade de France, à Saint-Denis, qui abritait plus de 80 mille personnes, dont le Président Français, François Hollande qui a du être évacué de suite. Ces opérations revendiquées par l’organisation terroriste « Etat islamique, fait état de 129 morts et 352 blessés. Parmi les victimes figurent 2 sœurs Franco-Tunisiennes originaires de Menzel Bourguiba, à côté de Bizerte: Halima Ben Khalifa Saadi, 34 ans, et Houda Ben Khalifa Saadi, 35 ans.
Parallèlement, de l’autre côté de la Méditerranée, un jeune berger de 16 ans, Mabrouk Soltani, originaire de Douar Slatnia à Jelma, une ville du centre de la Tunisie, a été décapité par des terroristes, au mont M’ghila à Sidi Bouzid, pour avoir refusé de leur céder ses moutons. Et comble de l’horreur, ils ont obligé son cousin de 14 ans, à remettre sa tête à sa mère.
Jeudi 12 novembre, 44 personnes ont trouvé la mort dans un double attentat-suicide, dans le quartier populaire de la banlieue sud de Beyrouth, la Dahyé. Un quartier à majorité chiites qui voient en Hizbollah, leur protecteur.




 « La guerre contre le terrorisme »
Suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York, les Etats-Unis, déclarent  « la guerre contre le terrorisme », une guerre contre un ennemi non défini. Ainsi, l’attaque de l’Irak en 2003, et le renversement du régime de Saddam Hussein, sous prétexte d’entretenir des liens avec Al Qaida, et de détenir des armes de destruction massive, ont dévoilé les intentions des Etats-Unis de retracer une nouvelle carte du Moyen-Orient, pour défendre leurs intérêts de manière pragmatique, et protéger leurs alliés dans la région, principalement Israel, quitte à tout balayer sur leur passage.
Les déstabilisations géopolitiques causées par les guerres en Irak, puis en Syrie, ont favorisé la floraison de groupes salafistes djihadistes radicaux, qui vont se regrouper plus tard et former « l’Etat islamique », ou « Daesh ».





Naissance de « Daesh »
« Daesh » est une organisation militaire, politique, terroriste née en 2006 par le rassemblement des mouvements djihadistes irakiens autour d’Al Qaida en Irak. Face aux opérations militaires menées contre les sunnites, considérés comme anciens soutiens de Saddam Hussein, ces groupes se retrouvant en difficulté, ont dû se regrouper, pour former le Conseil consultatif des moudjahidines en Irak, qui proclame, pour la première fois, « l’Etat Islamique d’Irak » (EII).

En 2012, il commence à s’étendre en Syrie, et devient en 2013, « l’Etat islamique en Irak et au levant », souvent désigné par l’acronyme arabe « Daesh ».

En 2014, Abou Bakr Al Baghdadi, annonce le rétablissement du Califat dans les territoires sous son contrôle, et s’autoproclame calife. L’EI est considéré par de nombreux pays, comme organisation terroriste. Il est accusé de crimes de guerres, de  crimes contre l’humanité, de nettoyage ethnique ainsi que de la destruction du patrimoine, dans les régions qu’il occupe. Il commande des cellules dormantes installées dans différents pays, prêtes à agir à tout moment.


Depuis août 2014, une coalition internationale mène des opérations qui ciblent les fiefs de l’organisation, dans le but de l’affaiblir et d’empêcher son expansion. Mais l’EI continue à gagner du terrain et de commanditer des attentats contre tous ceux qui osent le défier.

Des attentats simultanés  
Le 26 juin 2015, un attentat meurtrier a frappé la plage de l’hôtel Impérial Marhaba situé au port El kantaoui à Sousse. Un terroriste, qui appartient à une mouvance salafiste, armé d’une Kalachnikov, tire sur des touristes au bord de la plage, puis, lance une grenade sur les vacanciers autour de la piscine, faisant ainsi 39 morts, tous des touristes étrangers, avant d’être abattu par les forces de l’ordre.


L’attentat est revendiqué dans la nuit du 26 au 27, par l’EI, dans un communiqué, à travers son compte Twitter.
Le jour même, dans le stade de Sousse, l’étoile sportive du sahel, jouait un match contre le stade malien. Un attentat a eu lieu contre des chiites, dans une mosquée au Koweit, et un homme fût décapité dans une usine en Isère, en France.


Le 13 novembre 2015, une attaque meurtrière a ensanglanté les Xe et XIe arrondissements de la capitale française, ainsi que les abords du stade de France, à la Seine-Saint Denis, où se jouait un match amical France-Allemagne, l’attaque la plus meurtrière qu’aie connue la France depuis la deuxième guerre mondiale, laissant un lourd bilan de 129 victimes, toutes des civiles.



L’attentat est également revendiqué par l’EI, comme réplique aux opérations menées par les avions français contre ses combattants en Syrie.
L’acte barbare, perpétré à Jelma, dans le centre de la Tunisie, n’a pas été revendiqué par « Ansar Al Chariâa », un groupe terroriste tunisien affilié à Al Qaida, et replié au mont Châambi, ressemble aux pratiques connues de l’EI.
Aujourd’hui, le terrorisme touche les quatre coins du monde, sans distinction de couleur, de sexe ou d’origine. Plus de 32 000 personnes dans le monde ont été tués en 2014 dans des attentats terroristes.



Qui est derrière Desh ?
Des experts Américains au Moyen-Orient, admettent que les principaux sponsors du terrorisme sont l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui parrainent ouvertement les groupes terroristes en Syrie.

De sa part, Hillary Clinton n’a pas hésité à déclarer que les Américains créent des ennemis pour s’en servir. Nous avons crée Al Qaida, pour combattre les Russes, dit-elle.

Aucun pays au monde n’est à l’abri des attaques terroristes qui semblent s’intensifier de jour en jour. Les attaques aériennes visant les fiefs des organisations terroristes s’intensifient également, mais on est en droit de se demander si elles sont suffisantes pour endiguer cette folie meurtrière. L’EI ou Daech n’est pas seulement une organisation terroriste qui va disparaitre avec la mort de ses leaders, c’est surtout une culture, la culture de la mort qui semble s’être emparée de milliers de jeunes, hommes et femmes qui trouvent une raison d’être en ôtant des vies. Comprendre ce qui se passe dans la tête de ces jeunes, connaitre ce qui les motive réellement serait un premier pas vers la résolution de ce fléau.

 En Tunisie, le passage à l’acte de ces meurtriers n’a pas été soudain. On le sentait venir depuis un moment avec la radicalisation des discours, avec la montée de l’intolérance, avec des actes visant à changer le modelé de société moderne et modéré. Les gouvernements successifs et même celui des soi-disant technocrates de l’après révolution ont laissé faire et ont fermé les yeux. Face à l’information relatant qu’il y avait des camps d’entrainement de terroristes au « Mont Chaambi », le porte-parole du ministère de l’intérieur dirigé à ce moment-là par le Nahdaoui Ali Larayedh avait rétorqué : « ce sont juste des gens paisibles qui pratiquent le sport »… 




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